Tuesday, July 15, 2014

"Jusqu'au bout avec Satprem" par Frédérick de Towarnicki




                                                                               



(Lui (Mensuel), janvier 1980)






7 comments:

Anonymous said...

Superbe ! cet homme à osé expérimenter...tout simplement, nous avons tous une mission dans ce monde, et c'est simplement d'être le plus en harmonie avec ce qui est. nous évoluons c'est la loi de la nature...nous sommes tous des maîtres !!!

- Catherine Gasc

Anonymous said...

Les hommes portent avec eux les clés qui ouvrent les portes, mais ils ne s'en servent pas....merci Jitendra Sharma !


- Martine Crumière

Anonymous said...

Jusqu'au bout avec Satprem ! c'est un tresor ca !

- Le Soleil de Miel

Anonymous said...

Merci beaucoup, Jitendra Sharma, je ne connaissais pas l'existence de cet entretien.
Je trouve que c'est la première fois que Satprem est aussi direct et clair, surtout dans la dernière partie.
Il est vraiment important cet article.

- Gayatri Lafon

Anonymous said...

Pour faire écho à l'article " jusqu'au bout avec Satprem"( notamment à la dernière partie sur la mort...), encore un extrait de ce dialogue entre Laurence de la Beaume et Satprem dans "Satprem l'homme de l'espoir ".
"Que l'on continue à vivre après la mort, c'est évident, du moins pour moi, et nous le savons depuis avant les Egyptiens. Ce n'est pas un phénomène nouveau. Mais ce qui l'était à mes yeux, en revanche, et qui commençait à se configurer dans ma géographie incertaine, c'est que c'est CETTE conscience matérielle, corporelle, donc la plus destructible, la plus mortelle, celle qu'on laisse avec ses os dans une boîte, qui voit, c'est elle qui a accès à ce qui est de l'autre côté des tombes.
-Tu veux dire qu'on est tous un peu voyants, un peu médiums ?
- les autres consciences( mentales, vitales ou plus hautes) survivent, bien entendu, mais cette conscience toute banale de l'ouvrier qui manie la matière, ces cellules toutes fragiles qui connaissent surtout la douleur, cela se désagrège, et heureusement, car elles n'auraient guère à se souvenir que de leurs peines, et pourtant, c'est CELA, qui a un pied de ce côté-ci et un pied de l'autre côté des tombes.
-Je ne comprends pas très bien.
- Eh bien, on aurait dit que c'est CELA qui faisait le pont. Cela, qui pouvait respirer l'air des deux côtés, et tout naturellement, parce qu'il n'y a rien de plus naturel qu'un corps.
- C'était donc la preuve que le corps était bien le PONT dont parlait Mère? je me rappelle sa phrase qui t'avait beaucoup saisi : " Ce corps physique est capable d'un développement progressif à travers l'évolution. A travers chaque formation individuelle ( c'est à dire tout ce que nous avons traversé dans l'évolution), la substance physique progresse. Un jour elle sera capable d'établir un PONT entre la vie physique, telle que nous la connaissons, et la vie, disons , supramentale comme Sri Aurobindo, ou la vie de la prochaine espèce :c'est le corps qui sera le pont."Il s'agit donc bien de cela ?
-Exactement ! et par dessus le marché, cette pauvre conscience cellulaire, enfantine et malmenée, recouverte presque toujours par toutes nos ratiocinations, notre tintamarre mental, nos brouillards émotifs, nos impératifs sociaux ou médicaux et tout le fourbi indubitable de notre science,cette conscience corporelle, ensevelie sous le poids de tout ce qu'on lui a appris sur la '' bonne manière de vivre", est CELLE-LA MÊME qui non seulement voit et touche de l'autre côté de sa mort, mais pour laquelle les "morts " sont plus vivants et plus directement accessibles que les vivants!
-C'est complètement étrange !
- Oui , mais le fait est là!
Alors , on commence à se demander si ce n'est pas le corps qui a le vrai secret - ces premières cellules, ou cet unicellulaire d'il y a des milliards d'années, qui détient ce que nous cherchons en vain avec tous nos artifices scientifiques ou intellectuels, ce premier spasme de "vie" enfermé dans une bulle qui connaît ou re-connaît son Nectar, son " air" d'outre tombe, sa VIE
plus dense que toutes nos vies, sa respiration plus puissante que tous nos oxygènes - et finalement qui SAIT le moyen non seulement de sortir de cette tombe, mais de faire entrer un autre air là-dedans, qui ferait tomber nos murs.
-Une Vie nouvelle, petite soeur, une Terre nouvelle, une évolution nouvelle.
Un pont cellulaire de la vieille espèce qui pourrait rebâtir son monde et son corps comme elle l'a fait au début des Âges, mais sans avoir besoin de mourir encore et encore, sous une carcasse aveugle ou une autre, pour trouver son Secret puissant en plein jour, et son Nectar de toujours.
Et parfois on se demande de quel côté sont les morts ! " (p 140-141)

- Gayatri Lafon

Jitendra Sharma said...

La mort est peut-être le dernier masque du voyageur.
Car finalement, soyons simples, tout simples, qu'est-ce qui importe dans toute cette fichue ou non-fichue affaire évolutive dont nous sommes les pions plus ou moins consentants et douloureux ?
Pourquoi c'est fait, tout ça ?
Pour aboutir à de super-oiseaux ... qui se lasseront de leurs petites ailes, ou de leurs grandes ailes.
Pour faire des super-hommes merveilleux et ubiquitaires ... qui seront gorgés d'ubiquité, saoulés de merveilles, assez !
Pour faire des terres merveilleuses dotées de super-forêts féeriques et en couleur, et des mers comme on n'en a jamais vu... ?
Pour faire, pour faire toujours autre chose.
Mais tant qu'il y aura autre chose, ce ne sera jamais 'ça'.
'ça' plein.
'ça' simple, tout là, sans plus, sans moins.
'ça' qui gorge à chaque seconde sans rien d'autre.
'ça' comme on respire, c'est tout.
'ça' comme on aime, et pour toujours.
'Ça'.
'ça', oui, et si 'ça' manque, rien n'est là et des milliers de paradis terrestres, ou non, empilés ne rempliront jamais ce trou-là.
C'est peut-être cela, le voyageur.
C'est peut-être l'amour, le voyageur.
Nous frappons à la porte de l'amour, et tant que nous n'aurons pas trouvé ça, nous n'aurons rien trouvé.
C'est peut-être cela, le secret de la Matière.
Et quand nous aurons touché cela dans chaque cellule et chaque atome, les portes de la mort s'ouvriront.
C'était si simple.
C'est le Simple.
C'est pour cela qu'un petit atome s'est enflammé, un jour.
C'est pour vivre ça à chaque seconde et en toutes choses que nous avons mis cette carapace, ce manteau de plumes, ce manteau d'homme, mais c'était là, dedans, toujours ...
Et maintenant ça veut être ce que c'est, et quel sera le manteau de 'ça' ?...
Ce manteau de Matière, qu'est-ce que c'est ?
La guenille à jeter après usage, ou le corps même du voyageur...
Un corps inconnu, mais qui doit tout de même bien avoir son moyen de fabrication dans les cellules ; il ne va pas tomber du ciel, le voyageur, il était depuis toujours par terre, à ramper avec nous, bouger avec nous, peiner avec nous.
Et maintenant ?
Où es-tu voyageur, que vas-tu faire de tes petites cellules qui ont si longtemps peiné ?
De la nourriture de mort, ou une autre vie, inconcevable, un autre corps à faire ?
Un corps de ton amour qui sera notre seul amour.
Et tout sera plein.
Et tout sera simple.
Ce sera 'ça'.
Dans les grands yeux de l'avenir, nous voyons une flamme dorée qui monte.
___________________________________________________
- La Mutation de la Mort - Satprem

Jitendra Sharma said...

"S’il n’existe pas de méthode de ce yoga particulier, c’est que chaque individu a son chemin et doit faire ses découvertes. C’est que Mère et Sri Aurobindo prenaient toujours grandes précautions de ne rien « fixer » qui puisse être établi en dogme. « Ceci est bon, ceci est mauvais », etc. Non, ce qui est bon pour l’un peut ne pas aider au progrès de l’autre. « Il faut marcher et la piste se dessine sous les pas », dit-il.